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Un peu d’Histoire

Préhistoire

La région a été habitée par l’homme depuis au moins le Paléolithique supérieur, comme en témoignent les célèbres peintures rupestres de la grotte Chauvet. Le plateau ardéchois possède également de vastes menhirs (dolmens et menhirs), érigés il y a des milliers d’années. Le cours d’eau éponyme est le plus grand canyon naturel en Europe et les grottes qui parsèment les falaises (qui vont jusqu’à 300 m) sont connus et reconnus pour l’ancienneté et la qualité des traces d’habitants préhistoriques (pointes de flèches, couteaux ...).

Le Vivarais, autre nom ancestral de la région que l’on retrouve encore, tire son nom de la ville de Viviers, qui était alors la capitale de la tribu gauloise des Helviens, après la destruction de leur capitale précédente à Alba-la- Romaine. Saint Andéol, un disciple de saint Polycarpe, est censé avoir évangélisé la Vivarais pendant le règne de l’empereur Septimius Severus.

Histoire médiévale

Le Vivarais a beaucoup souffert au cours du 9e siècle, notamment à cause des raids Magyars et sarrasins ; entraînant une dépopulation globale de la région.

Au début du 10ème siècle, la reprise économique entraine construction de nombreuses églises romanes, parmi lesquelles celles d’Ailhon, Mercuer, St Julien du Serre, Balazuc, Niègles et Rochecolombe. Le comté du Vivarais était à l’époque administrativement rattaché au royaume d’Arles, formé en 933 avec la fusion par Rodolphe II de Bourgogne des royaumes de Provence et de Bourgogne et légué par son dernier monarque Rudolph III de Bourgogne à l’empereur romain germanique Conrad II en 1032.
Localement tout au long de cette période, l’Église joua un rôle important. Jean II (Giovanni de Sienne), le cardinal et évêque de Viviers (1073-1095), accompagne le pape Urbain II au concile de Clermont. Le comté sera ensuite tenu en fief par les comtes de Toulouse, qui perdirent la couronne française en 1229. En 1284, Philippe IV établi Villeneuve de Berg, et par le traité du 10 Juillet 1305 Philippe IV de France obligé les évêques du Vivarais à admettre la souveraineté des rois de France sur l’ensemble de leurs domaines. Pendant la guerre de Cent Ans, la région a maintenu sa fidélité à la couronne française, malgré les attaques fréquentes de l’ouest.

Histoire moderne

À la suite de la réforme de Jean Calvin à Genève, le Vivarais fût une des régions qui embrassa le plus le protestantisme en partie à cause de l’activité missionnaire de Jacques Valery en 1534. Pendant les guerres de Religion qui suivront (1562-1598), l’Ardèche a été considéré comme un emplacement stratégique entre Genève la protestante, Lyon et le Languedoc catholique. La région avait prospéré avec l’introduction de la culture du tabac de l’Amérique, et les expériences agraires d’Olivier de Serres, père de l’agriculture française moderne. L’influence des protestants de Lyon, des huguenots protestants, du comte de Crussol et d’Olivier de Serres, ainsi que la croissance de l’industrie de la soie, apporta une certaine indépendance à la bourgeoisie vivaraise et en fît un bastion protestant. En conséquence, la région subit de nombreuses attaques entre 1562 et 1595. En 1598, l’Édit de Nantes mit fin à ces luttes. A cette époque, le Vivarais avait plus de 75 églises protestantes et 5 bastions fortifiés avec des garnisons permanentes.
En 1629, Paule de Chambaud, fille du seigneur huguenot de Privas, choisit d’épouser un catholique, le vicomte de l’Estrange, qui avait soutenu la persécution des protestants par le cardinal de Richelieu. Privas, avec une majorité de la population protestante, refusa de se soumettre, ce qui entrainera de fortes répresion et l’émigration d’1/5eme de la population protestante du Vivarais.

La révocation de l’édit de Nantes en 1685, qui a finalement interdit le protestantisme, entrainera la famille Durand (des paysans locaux) à mener une révolte contre l’autorité royale. On parle de la révolte des Camisards. Louis XIV y répondit en envoyant ses dragons, qui brutalisèrent la population. La brutalité de ces années sera énorme et la paix n’arrivera qu’en 1715. Pendant ce temps 50.000 protestants d’Ardèche quitteront la France, beaucoup rejoignirent la Suisse, tandis que de nombreux autres seront contraints à l’abjuration.

Au siècle suivant, malgré la croissance de la communauté d’Annonay, naitra une polarisation croissante entre les familles de la haute noblesse tels que Rohan Soubise de Vogue ou le comte d’Aubenas, qui possédaient d’immenses fortunes financières, et la petite noblesse, le clergé de village et la bourgeoisie du Vivarais. Pendant cette époque forte en tensions, les fils d’un papetier d’Annonay : Joseph et Jacques Etienne Montgolfier, trouveront le génie d’inventer le premier ballon à air chaud en 1783. L’entreprise familiale de papier canson Montgolfier continuera à perpétuer la fabrication de papier jusqu’à ce jour

La révolution française

Pendant la Révolution française, en 1789, grâce à la Déclaration des droits de l’homme, les protestants ardéchois furent enfin reconnus comme des citoyens à part entière, libre enfin de pratiquer leur foi. Cependant, le catholicisme continua de croître et au début du 19ème siècle, l’Ardèche ne comptait plus que 34 000 protestants sur une population de 290 000. Nommé d’après la rivière éponyme, l’Ardèche a été l’un des 83 départements d’origine créé pendant la Révolution française, le 4 Mars 1790. Pendant la Terreur en 1794, on procéda à l’exécution des anciens partisans de la révolution à Privas. Sous le Directoire, des bandes de chouans se réfugieront dans les Cévennes.

Époque moderne

Lors de la période napoléonienne, l’Ardèche est entrée dans une phase de plus en plus prospère. Après une période d’éclipse, Viviers fût rétablie en 1822 comme le siège des évêques de l’Ardèche.

Tout au long du 19ème siècle, une croissance économique modeste a lieu. La population passe alors de 273 000 en 1793 à 388 500 en 1861. L’industrie du ver à soie est en plein essor et booste la région jusqu’en 1855, jusqu’à ce que des épidémies affectent les vers et que la concurrence avec la Chine finisse de miner l’industrie. A la même époque, on exploitation du minerai de fer à Privas mais ce filon fût rapidement épuisé.

Pendant les années d’industrialisation de la France, l’Ardèche ne profita pas du développement et ne vit pas se développer de grande ville. En 1861 sa population totale était de 388 500 habitants, un record jamais dépassé depuis.

Depuis les années 1860, l’économie de l’Ardèche est coupée en deux. Entre la vallée du Rhône prospère et le Haut Vivarais, montagneux, beaucoup plus pauvre. L’élevage ovin n’a pas conduit à la prospérité espérée et la viticulture, qui a été durement touchée par la crise du phylloxéra au cours des dernières décennies du 19ème siècle, a dû rivaliser avec d’autres régions plus établies.